BA MOIN EN TIBO, DEUX TIBO, TROIS TIBO DOUDOU…
par delà le zouk repris par la compagnie créole en 84… la bise, c’est tout une histoire!
j’avais deux ou trois ans, et mon père, qu’on appelait “le chabain doré” en ville, m’emmenait au marché. sur le chemin, mes cheveux blancs attiraient tout le monde et je n’arrivais jamais au marché sans être passée par mille mains, sans avoir été embrassée par mille bouches.
mon père laissait faire et je n’en pensais pas moins. que connaissais-je d’autre? pas grand chose, certainement. malheureusement, un jour ma mère s’en est aperçu, s’en est émue, et aujourd’hui, je dirais qu’elle en tombât jalouse. car l’hygiène n’avait rien à voir là-dedans, vu que je traînais dehors à bouffer tous les fruits qui me tombaient sous la main, sans hygiène, sans que cela ne l’inquiétât.
alors vint l’interdiction: un jour, il me fut interdit d’embrasser, de laisser les autres me toucher, me caresser la tête, sanction maternelle. j’avais ordre d’échapper aux lèvres tendues, de me cacher de ces mains avides, et de chercher du regard l’approbation de ma mère avant toute chose pour faire la bise ou donner la main.
elle m’a tellement bourré le mou en me disant que c’était sale, que je me cachais en disant “mains sales” aux mains tendues. j’avais 4 ou 5 ans. et un seul espoir: plaire à ma mère et être aimée de ma mère. je buvais ses paroles, c’était ma déesse.
j’avais dix ans, et je respectais encore la consigne…
j’ai plus de quarante ans et je ne me suis pas encore remise de tout ça…faites attention à ce que vous dites à vos enfants.
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
Moin fé en charm’
Pou moin charmén’hom la
Moin réfléchi ayen dufoce pas bon
Moin prend charme là
Moin jeté dan l’an mè
Moin di si ainmin moin
Ya maché deyè moin
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
Totototo
Qu’est-ce qui frappe à ma porte?
Cè moin lanmou
Cè moin pain dou sucré.
Depuis deux jou
La pluie qu’a mouillé moin
Par pitié, par humanité
Ouvé la porte ba moin.
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
{Break instrumental}
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo,
Ba moin tout ça ou lé
Pou soulagé cœu moin.
Le mois de mai
C’est le mois de chaleur
Tout ti zoizeaux
Ka changé plumage yo
Tout ti pis bois
Ka changé feuillage yo
Alors si ou ainmin moin
Ou changé pou moin.
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo doudou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo d’amou
Ba moin en tibo
Deux tibo, trois tibo
Tu vois, tu as beau être au bout du monde, ta mère est toujours là, près de toi ! Allez, je te fais un gros bisou bien sec et bien propre ! Et surtout bien amical ! Et crois-moi, d’habitude j’embrasse rarement la première. Au risque que tu ne me le rendes pas … :/
Quantique - 16 septembre 2009 à 17:39
bien sûr qu’elle est toujours là, dans mon vécu, dans mes névroses
mais là, c’est moi qui gère et qui contrôle sa présence, je peux choisir de la laisser “vivre” en moi l’instant d’une note et l’annihiler dans la seconde qui suit, quand je referme la parenthèse. car c’est la seule place que je lui accorde maintenant, une place parenthé(ré)tique…
1984 - 16 septembre 2009 à 17:48
ha et pius j’oublie l’essentiel: c’est la seconde fois que tu me fais une bise et c’est le seconde fois que je l’accepte avec grand plaisir et t’en rend même une, claquante et sonore et amicale!
1984 - 16 septembre 2009 à 17:50
Non, c’est la troisième !
La première fois c’était sur le front, sur ton blog chez psycho. La deuxième c’était sur la grand-place de Bruxelles.
Si tu m’en rends une, c’est qu’en effet, tu ne laisses pas trop ta mère vivre en toi.
Quantique - 16 septembre 2009 à 18:44
tiens, je l’avais oubliée, celle-là, au 22 de la grand place… et comment va la pensée? elle a poussé?
maintenant, je vais faire une fixation sur un certain ballotin de prâlines toutes au praslin…au lait…hmmmmmmmmmmm
1984 - 16 septembre 2009 à 19:18
La pensée à poussé … de guingois. Je l’avais un peu trop tripotée. Mais elle a produit des graines que j’ai semées et qui devrait donner toute une ribambelle de pensées similaires ou presque. Tu sais, les pensées, on ne sait jamais ce qu’elles deviennent. Elles ont tendance à retourner à leur nature première. On verra au printemps … surprise …
Quantique - 16 septembre 2009 à 20:53
L’enfance a une place essentielle tout au long de sa vie.
Faire attention à tout ce que l’on dit est un exercice difficile, mes enfants me répètent certaines phrases assez incroyables que je leur dis. Nous avons une bonne communication, alors ça se passe bien.
bisous, Béa
Beatrice - 17 septembre 2009 à 11:36